Terre brûlée et vigne clonée ou équilibre dans la diversité?

En Champagne et notamment sur les terroirs historiques de la Côte des Blancs (la vigne y est cultivée depuis des siècles), le court-noué s’installe peu à peu. Il s’agit d’une dégénérescence transmise par des nématodes (vers minuscules vivant dans le sol et porteurs du virus). Cette infection entraîne un affaiblissement progressif du cep, qui peut conduire à la mort de la vigne. Alors, comment assurer l’avenir de nos vignes ?
La voix officielle préconise de dévitaliser les vieilles vignes (les tuer au Roundup) et la désinfection chimique du sol (éliminer les nématodes et forcément tout le reste avec). En clair, supprimer toute vie, faire place nette et replanter le tout avec des clones. Les échecs de cette méthode sont cuisants mais on persiste en attendant la solution miracle des OGM…
Nous refusons cette escalade dans les méthodes de destruction, nous recherchons des solutions, peut-être imparfaites, dans un équilibre de la vigne qui lui permette de vivre avec cette infection.
Tout d’abord, nous essayons de préserver la diversité de la vie dans nos sols (aucun désherbant, labour respectueux, biodynamie). La concurrence entre les organismes présents entraîne une expression moindre de la maladie. De plus, vous connaissez notre parti pris pour préserver la diversité des ceps de vigne.
Pour nous, les OGM et les clones appauvrissent notre patrimoine et fragilisent la vigne. Nous constatons que nos vieilles vignes sont moins sensibles au court-noué. Nous avons décidé d’utiliser ces ceps qui semblent résistants pour notre propre sélection plutôt que des clones reproduits à l’identique sur tous les coteaux.
Cette richesse, c’est l’équilibre nécessaire à la vie de nos terroirs, de nos vignes et de nos vins…